Famille Saint Charbel  "Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières."  Actes 2/42

Pèlerin… mets-toi en route !

 

Station avec Marie de l’Annonciation ! Lc1,26-38

 

Orientation :

La présente station, au cœur de notre pèlerinage intérieur, se fait avec Marie, la jeune fille pleine de grâce, tout aimée de Dieu. Notre semaine aura un goût au parfum  marial, un parfum doux, simple, bon comme le visage de cette jeune fille en prière, attendant, tout comme son peuple, le salut et la réalisation des promesses. Le mystère de Dieu est caché dans le cœur de chacun, il était caché dans le cœur de Marie ; c’est pourquoi il surgit en elle sans fanfares ni trompettes. Le mystère de Dieu se développe dans les entrailles largement ouvertes. Cette semaine, confions notre vie intérieure à Marie, elle qui a su la développer au rythme et à la dimension de l’Esprit. Avec elle, veillons sur notre intériorité et contemplons le mystère qui y gît. Accueillons la Bonne Nouvelle de la Parole de Dieu et laissons déployer en nous les ailes de l’Esprit Saint.

 

Texte I : Lc1,26-27

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David ; cette jeune fille s’appelait Marie.

Après le faste et le caractère solennel dûs à la fonction sacerdotale de Zacharie, dans un cadre des plus solennels : le Temple de Jérusalem, en présence de tout le peuple, voici une autre annonce relatée avec un contraste saisissant : L’ange Gabriel apparaît à une toute jeune inconnue. La rencontre discrète se passe loin du Temple, loin surtout du sanctuaire. L’entrevue se passe dans une petite bourgade appelée Nazareth, dans une région des plus éloignées de Jérusalem, la Galilée. Il s’agit d’une visite à une jeune fille du nom de Marie, loin des regards, loin de l’intérêt des foules. C’est dans un tel cadre que Dieu aime travailler ; c’est ainsi qu’il aime déployer son mystère, dans le secret des cœurs et non sur les toits.

Encore aujourd’hui, Dieu visite nos cœurs et nous envoie sans cesse les messagers de son amour. “Mais le Fils de l’homme, quand  il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?”Lc18,8. Disposons nos cœurs à l’accueil de Dieu dans le secret, comme Marie.

 

Texte II : Lc1,28-31

L’ange entra auprès d’elle et lui dit : “Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi.”

L’ange entre auprès d’elle avec une simplicité divine, alors que pour Zacharie l’ange se tient “à la droite de l’autel de l’encens”. Marie est ce nouvel autel où Dieu vient se poser en toute discrétion. L’ange la salue de la manière la plus douce qui soit, avec les mots les plus élogieux à son égard et les plus réjouissants : Réjouis-toi, sois heureuse, d’être ainsi comblée du regard que Dieu pose sur toi, toi la bien-aimée de son cœur, toi qu’il a choisie comme terre d’élection où viendra se poser son Fils unique. Apprécie cette immense grâce afin qu’elle te réjouisse, car par toi le Seigneur vient combler la terre, l’humanité entière…

A ces mots, elle fut très troublée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

Quelle salutation troublante ! La surprise est à la dimension du mystère et de la simplicité à la fois… qu’est-ce que cela pourrait vouloir dire ? Une interrogation humaine, légitime, attendue par l’ange Gabriel qui ne va pas tarder à la rassurer en lui expliquant la suite des événements, tout comme pour Zacharie :

L’ange lui dit: “Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu…”

 L’ange va droit au but. Il fait déferler cette Bonne Nouvelle comme l’écoulement d’une source de bénédictions. La visite de Dieu est toujours troublante pour les hommes que nous sommes, elle ne peut être que bénéfique : “Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu couronnes une année de bienfaits”, dit le psalmiste. Le Bien par excellence aura un doux nom, un nom-sauveur, Jésus, le plus beau de tous les noms. Jésus-Sauveur, Jésus-Lumière, Jésus-Berger… Jésus-Fils de Dieu. Mais il sera également Jésus-fils de l’homme, car il sortira des entrailles d’une jeune fille du nom de Marie : “Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus.”

Donner la vie au Dieu de la vie ! Quel mystère inouï !… Quelle grâce pour Marie et par Marie ! Et depuis lors, cette situation est devenue celle de tous ceux et celles qui ont compris cette réalité et qui ont voulu y adhérer, selon le dessein du Père. Puissions-nous, à la suite de Marie et à son école devenir terre d’accueil pour recevoir et enfanter le FILS de Dieu et lui donner le nom de JESUS.

 

Texte III : Lc1,32-33

“…Il sera grand grand et sera appelé fils du Très Haut.”

L’enfant que Marie va enfanter sera GRAND, absolument grand, et non pas “grand devant le Très Haut”, comme pour Jean Baptiste. Il sera Grand tout court, parce qu’il est Dieu, Fils du Très Haut, au sens fort. Pour Luc, il est le Fils de Dieu et à ce titre il met ces expressions dans la bouche de l’ange. Il est le fils du Très-Haut avant d’être le fils de David et de sa lignée royale. Il est Roi divin avant d’être roi selon une lignée humaine.  Mais pour qu’il soit reconnu par le peuple des croyants, il faut bien que qu’ils le reconnaissent à des traits scripturaires : “…Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n’aura pas de fin.”

Rattaché à David et à Jacob… voilà qui devient compréhensible pour le peuple de l’Alliance qui attend la réalisation des promesses messianiques.

Pour nous également, quand Dieu vient à notre rencontre, il s’incarne pour devenir le fils de notre humanité afin de se faire adopter par nous. Puissions-nous lui permettre d’être reçu comme il se doit, lui le Roi du ciel et de la terre, lui le Roi de notre cœur. Réservons-lui un accueil royal.

 

Texte IV : Lc1,34-37

Marie dit à l’ange : “Comment cela se fera-t-il puisque je n’ai pas de relations conjugales ?”

L’interrogation de Marie émane d’un cœur transparent comme le cristal. Celle de Zacharie était obscurcie par l’épaisseur d’une logique trop humaine, une logique où Dieu n’a plus de place. Car nos pensées ne sont pas les siennes… Marie ne rentre pas dans ce créneau puisque l’ange se plie à son désir, va dans son sens et ne semble pas faché de sa question comme pour Zacharie.

L’ange lui répondit : “L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu.

Oui, c’est cela, l’Esprit Saint viendra… et quand il vient il expliquera tout, il transformera tout, il fera toute chose nouvelle… Et la plus belle nouveauté entre toutes est la Perle Fine, le Trésor du ciel et de la terre, l’Enfant-Dieu qu’il déposera dans les entrailles d’une jeune fille, belle comme l’aurore, dont le nom est Marie. C’est là, dans ce genre de cœur, que l’Esprit Saint se sent à l’aise, et déploie toute la puissance de sa création, dans le secret. C’est de son ombre cristalline et bienfaisante qu’il couvrira la jeune et future maman, en toute discrétion.

Et voici qu’Elisabeth, ta parente, est elle aussi enceinte d’un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile, car rien n’est impossible à Dieu.”

Cependant l’ange ne se suffit pas de lui donner les explications la concernant, mais également, il lui donne un signe et une direction à suivre : le cas de sa parente Elisabeth qui en est à son sixième mois… signe pour tout de suite, un signe appelé à croître à l’image des événements qui vont se déployer ; une direction, c’est Aïn Karem pour se mettre au service de sa parente... La nouvelle logique est la suivante : La Bonne Nouvelle est donnée en germe, mais un germe, tellement dynamique, qu’il va devenir grand comme un arbre de sénevé. Ainsi en est-il du Royaume de Dieu parmi nous ; car rien n’est impossible à Dieu. Le plus grand miracle c’est que Dieu, l’infiniment grand, se fasse si petit qu’il s’enfouisse dans les entrailles d’une femme et qu’il soit annoncé par un autre germe celui de Jean Baptiste enfoui dans les entrailles d’une stérile.

Seigneur, que tes pensées sont difficiles… Incalculable en est la somme…(Cf.Ps139,17). Tes œuvres sont prodigieuses, oui je le reconnais bien… (Cf.Ps139,14b).

 

Texte V : Lc1,38

Marie dit alors : “Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit !” Et l’ange la quitta.

L’ange avait raison. Marie est bel et bien une âme cristalline, une âme digne de l’annonce qui vient de lui être faite. Une fois que les explications lui sont données, elle médite tout cela dans son cœur si large et comprend intuitivement ce que sa raison ne pourrait jamais comprendre. C’est pourquoi, elle ne tarde pas à donner sa réponse à l’ange : “Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit !” Elle aura tout le temps qu’il faut, neuf mois, pour méditer sur le mystère d’une telle annonce. L’essentiel c’est que son cœur est consentant sans trop comprendre. Mais qu’importe puisque le cœur y est. Voilà, tout rentre dans l’ordre, mais pas tout à fait : l’ange la quitte, mais elle n’est plus la même, elle est celle qui contient l’Incontenable, le Mystère jamais complètement dévoilé à notre humanité…

Seigneur, devant un tel mystère donne-nous la grâce de Marie, la grâce du consentement et de l’adoration intérieure. Car ton mystère est aujourd’hui au fond de nos cœurs. Amen.

 

 

Station avec Marie en visite à Elisabeth ! Lc1,39-56

 

Orientation :

La Bonne Nouvelle sillonne le pays en  long et en large. Nous voici de nouveau en Judée après que l’ange a quitté Nazareth. Et Marie, à son tour, de quitter sa petite bourgade de Galilée pour aller porter la bonne nouvelle à sa parente à Aïn Karem, en Judée. Cette semaine, avec Marie, mettons-nous en hâte sur les routes de nos frères. Avec elle, prenons-leur le trésor que nous portons dans des vases d’argile (Cf.2Co4,7). C’est ce qu’ils attendent de nous. C’est le désir de l’Esprit qui est en eux qui nous le demande et nous appelle.

 

Texte I : Lc1,39-41

En ce temps-là, Marie partit en hâte pour se rendre dans le haut pays, dans une ville de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth.

Marie a la rapidité de l’amour qui n’attend pas, qui ne remet pas, qui ne se désintéresse pas… Marie a un cœur qui comprend parce qu’il écoute. Et une fois qu’elle a compris, elle passe à l’action. La salutation de l’ange est enocre toute fraîche dans son cœur et sa mémoire. La longue route  qu’elle prend va lui permettre de méditer cette parole-événement et de vivre avec elle. Quelle compagnie pour un si long trajet !… Mais enfin, elle arrive avec une double joie : celle de revoir sa parente Elisabeth -“mon-Dieu-est-promesse”- et celle de lui partager le secret qu’elle porte par la salutation insolite… Alors elle salue à son tour… La bonne nouvelle est contagieuse !

 

Or, lorsqu’Elisabeth entendit la salutation  de Marie, l’enfant bondit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint Esprit.

Et voici qu’une source de joie déferle et abonde tout à coup…L’Esprit De Dieu remplit les coeurs, les lieux, les airs comme il “remplit l’univers”!… Il s’agit d’une joie profonde et secrète au point que l’enfant, enfoui dans le sein d’Elisabeth, n’en peut plus ; alors il bondit et jubile sous l’action exaltante de l’Esprit Saint.

Demandons la double grâce de Marie et d’Elisabeth : de Marie, celle de porter la bonne nouvelle à tous ceux que nous rencontrons, et d’Elisabeth, celle de nous laisser toucher par l’Esprit qui nous fait signe de toute part…

 

Texte II : Lc1,42-45

Elle poussa un grand cri et dit : “Tu es bénie plus que toutes les femmes, béni aussi est le fruit de ton sein !

Sous l’effet de l’Esprit Saint le cœur exalte et exulte. Son effusion est une profusion de jubilation et d’allégresse. Cette profusion passe des entrailles d’Elisabeth à sa bouche. Et sa bouche se remplit de bénédiction. Et la bénédiction jaillit en un grand cri : “Tu es bénie plus que toutes les femmes” ; bénie par celui qu’elle porte et qui est la bénédiction du ciel accordée à la terre : béni aussi le fruit de ton sein ! L’ère de la bénédiction est entamée puisque Dieu s’est choisi une demeure sur notre terre, et cette demeure est le sein de Marie. Elisabeth comprend tout cela sous l’effet de l’Esprit qui est tombé sur elle et sur son enfant dans le sein.

 

Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? Car lorsque ta salutation a retenti à mes oreilles, voici que l’enfant a bondi d’allégresse en mon sein.

La profusion de l’Esprit prodigue une conscience aiguë de la vérité. Elisabeth réalise subitement que le petit bout de femme, debout devant elle, est la mère de Dieu. C’est bien elle qui  porte l’enfant de Dieu, l’Enfant-Dieu. Elle réalise la grâce et la surabondance de bénédiction que lui prodigue cette visite ! Elle s’émerveille, exulte, et dit tou haut ce que son cœur lui chuchote tout bas.

 

Bienheureuse celle qui a cru : ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira !”

Elisabeth a vraiment reçu le don de l’intelligence de l’Esprit. Elle a compris que le vrai bonheur était celui bâti sur la foi : bienheureuse celle qui a cru. Car il n’est pas évident d’accueillir Dieu dans sa vie, surtout quand il nous surprend par ses façons inhabituelles, voire choquantes. Ses voies ne sont pas les nôtres, mais sa parole est sûre et ses promesses certaines.

Demandons la grâce de l’ouverture et de la sensibilité à l’Esprit, la grâce de la vraie jublilation intérieure, au contact des visites de Dieu et de son Esprit.

 

Texte III : Lc1,46-49

Alors Marie dit : “ Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a porté son regard sur son humble servante.

Le contact de Dieu fait sortir l’âme des marasmes de la morosité. La touche de Dieu fait exalter l’être tout entier. Que serait-ce quand il fait de notre vie sa demeure permanente !

Le cantique de Marie est plein de réminiscences bibliques. Il ressemble au cantique d’Anne, la mère de Samuel (Cf.1Sm2,10), ou bien à l’exaltation de Jésus en tressaillant sous l’action de l’Esprit Saint (Cf.10,20-21).

Marie, plus qu’Elisabeth, est sous l’effet de l’Esprit qui la couvre de son ombre. C’est pourquoi son âme ne peut qu’exalter le Seigneur qui a daigné lui accorder sa faveur et la privilégier d’un long regard de tendresse. Marie s’épanouit sous ce regard comme la rose sous le soleil. Son cœur chante, son âme exalte, son esprit exulte, sa vie entière est emportée par les flots de louange et d’action de grâce. Et comme sa parente, ce qui grouille dans son for intérieur jaillit sur ses lèvres par un magnifique magnificat.

 

Oui, désormais, toutes les générations me proclameront bienheureuse, parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses : saint est son Nom.

Sous l’effet de l’Esprit, Marie prophétise en une double vision : la vision de la puissance, de la sainteté de Dieu et celle de son devenir dans le plan de Dieu : “Tu as mis sur moi ta main… prodige que je suis, prodige que tes œuvres…” (Cf. Ps139). Marie entrevoit le monde de Dieu et entrevoit le monde des hommes avec la limpidité du regard de l’Esprit qui l’habite. Et avec la simplicité de l’Esprit, elle confesse ce qu’elle voit et exulte de joie divine, sans la moindre fausse modestie.

Seigneur, combien nous sommes en mal d’un tel regard, d’une telle simplicité dans le regard et la parole. Seigneur, donne-nous ton Esprit, que notre être tout entier exulte de la joie que prodigue ta présence en nous et dans le monde.

 

Texte IV : Lc1,50-55

Sa bonté s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent. Il est intervenu de toute la force de son bras ; il a dispersé les hommes à la pensée orgueilleuse ; il a jeté les puissants à bas de leurs trônes et il a élevé les humbles; les affamés, il les a comblés de biens et les riches, il les a renvoyés les mains vides.

Dieu est simple. Sa logique l’est aussi. À partir du moment où on lui fait place dans notre vie, où on l’accueille avec la joie et la simplicité des enfants, il vient et en abondance. Il vient et remplit les lieux de son parfum divin. Il vient et étend ses ailes sur ceux qui le craignent, l’aiment et l’adorent. Il vient et élève ce qui est petit, ce qui est pauvre, ce qui est rejeté. Il vient   consoler, guérir, embaumer et aimer ce que le monde rejette. Les rébuts du monde, Dieu les affectionne tout particulièrement. Quant aux puissants de ce monde, Dieu ne s’y reconnaît pas. Il se voile la face devant le mal qu’ils font par leur orgueil, leur aveuglement, leur suffisance… Dieu est ainsi, il aime les humbles, les petits et il accourt vers eux en se ceignant d’un linge pour leur laver les pieds. Il est ainsi notre Dieu !… Marie a compris tout cela à l’ombre de l’Esprit qui la couvre et lui enseigne toute chose.

 

Il est venu en aide à Israël son serviteur en souvenir de sa bonté, comme il l’avait dit à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance pour toujours.”

Il est ainsi notre Dieu… Oui, car il est bel et bien notre Dieu, le Dieu de l’Alliance, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il est ainsi le Dieu qui a voulu entrer en relation avec les hommes et se lier à eux à jamais. C’est pourquoi, ayant entendu le cri de son peuple, Dieu descend et entame son œuvre de salut. Et quand vient la plénitude des temps, il se souvient de sa bonté et de sa fidélité. Il redescend dans les entrailles d’une jeune fille pour réaliser pleinement ses promesses. C’est pourquoi, l’exaltation est permise, l’exultation est de mise car Dieu vient, Dieu visite la terre, Dieu se souvient de son peuple, Dieu manifeste son amour et sa fidélité par la venue de ce Germe de vie qui gît dans le cœur de Marie.

Seigneur, notre monde t’attend. Viens, et transforme nos tristesses en joie, nos déserts en paccages et nos deuils en force de résurrection, grâce à ton amour et ta fidélité. Amen.

 

Texte V :  Lc1,56

Marie demeura avec Elisabeth environ trois mois, puis elle retourna chez elle.

Marie accomplit sa mission jusqu’au bout. Au lieu de s’occuper d’elle-même à cause de celui qui l’habite, elle le rejoint dans le corps d’une autre. Marie a tout compris. A l’école d’un grand Guide, l’Esprit de Dieu, elle ne pouvait ne pas comprendre le mystère et les voies de Dieu. A l’école de l’Esprit, elle savait trouver le mot juste, l’attitude juste, l’acte juste, au moment juste. Car il y a un temps pour tout. Maintenant que le temps du service est fini, elle peut s’en retourner chez elle pour continuer dans la discrétion et le silence. Le Seigneur aime vivre une longue retraite avec celle qui le porte dans ses entrailles.

Puissions-nous savoir conjuguer avec justesse nos temps de service et nos temps de prière et de silence. Laissons-nous guider par l’Esprit Saint, comme la petite Marie au cœur disponible.

 

 

Station  pour la naissance de Jean Baptiste !  Lc1,57-66

Orientation :

Une naissance est toujours une bonne nouvelle. Que serait-ce quand il s’agit de la naissance du plus grand des prophètes parmi les enfants de la terre. Cet enfant est un cadeau du ciel, une bénédiction divine. Sa venue fut annoncée par l’ange Gabriel, dans le sanctuaire, au cœur du Temple, au cœur de Jérusalem, en présence de tout le peuple en prière.

Accompagnons les parents de l’enfant. Soyons de ces voisins qui mettent la main à la pâte et qui prêtent leur service pour les soins nécessaires. Admirons-le, et disons avec tous ceux qui sentent en lui le mystère caché : “Que sera donc cet enfant ?”.

Cette semaine, prions pour tous les nouveaux-nés de toute l’humanité. Derrière chaque enfant est enfoui un mystère digne d’attention, une vocation en germe. Soyons de ceux qui respectent la vie et qui luttent pour qu’elle s’épanouisse selon le désir de Dieu.

 

Texte I : Lc1,57-58

Pour Elisabeth arriva le temps où elle devait accoucher et elle mit au monde un fils. Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur l’avait comblée de sa bonté et ils se réjouissaient avec elle.

Pour Elisabeth, voici l’accomplissement des promesses. Dieu a vraiment tenu parole. La stérile arrive à terme pour donner naissance à l’enfant  tant attendu. Il s’agit de l’enfant dont il est dit qu’il sera grand parce qu’il aura une mission à accomplir auprès de son peuple, une mission qui consiste à préparer le cœur du peuple devant le Seigneur. Cet enfant fut rempli de l’Esprit Saint  dès le sein de sa mère, selon l’annonce de l’ange. C’est donc le comble de la joie dans la maison de Zacharie. Une joie dite, une joie inédite… Les parents s’adonnent à une joie intérieure, les autres, émerveillés, s’affairent en s’occupant des détails de la vie. Quand Dieu met la main dans une affaire, c’est pour libérer les flots endigués de la bonté, de la tendresse et de l’allégresse.

Prenons part à cette nouveauté qui commence à poindre, la nouveauté de Dieu parmi nous. La Nouvelle Alliance est proche, très proche. Dieu est à nos portes… Réjouissons-nous et préparons nos cœurs pour l’accueillir en la fraîcheur de ce nouveau-né.

 

Texte II : Lc1,59

Or, le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant et ils voulaient l’appeler comme son père, Zacharie.

Les réjouissances durent dans la maison de Zacharie. On est au huitième jour de la naissance de l’enfant. Il est temps qu’il soit circoncis en bon juif, issu d’une famille croyante, qui plus est de souche sacerdotale. Et comme la tradition le veut, il serait appelé Zacharie : “Dieu se souvient”.  Dieu ne s’est-il pas souvenu de ce couple de juste ? N’a-t-il pas enfin refait émerger son Alliance et ses promesses de bénédictions ? Dieu s’est souvenu non seulement de Zacharie, mais de tout le peuple. Cependant, ce qui vient est tellement nouveau et inattendu qu’il aura un nouveau nom, un nom marqué par cette Alliance nouvelle qui commence à surgir avec cet enfant-miracle, avec le petit Jean.

Insérons-nous parmi les proches de cet enfant et suivons le cortège qui s’étonne encore de ce qui arrive, mais qui se sent dépasser par tant de bouleversement. La tradition, oui, mais Dieu a programmé autrement. Soyons ouverts aux initiatives inattendues de notre Dieu, le Dieu de l’Alliance nouvelle et éternelle.

 

Texte III : Lc1,60-62

Alors sa mère prit la parole : “Non, dit-elle, il s’appellera Jean.” Ils lui dirent : “Il n’y a personne dans ta parenté qui porte ce nom.” Et ils faisaient des signes au père pour savoir comment il voulait qu’on l’appelle.

Non, il ne s’appellera pas Zacharie, même si Dieu se souvient de son peuple. Dieu vient et apporte avec lui un vent nouveau. Dieu casse le cercle du déterminisme imposé par la tradition pour manifester une autre face de lui-même, le visage de tendresse : “Il s’appellera Jean”, “Dieu-fait-grâce”. Ce nouveau nom bouscule la parenté. Des palabres et des remous se passent autour des parents. Cet enfant intrigue, tout est surprenant en lui, même son nom. Elisabeth tient bon : “Non, il s’appellera Jean”. Elle n’explique pas pourquoi… Tout ne se dit pas à haute voix. Et les mystères ne se dévoilent pas tous d’un coup. Ils se dévoilent en leur temps. Alors, pourquoi ne pas chercher secours du côté du père… là, il n’y aurait pas de problème, du moins le croyaient-ils…

Et pourtant…

Dieu est souvent inattendu dans ses manifestations… A partir du moment où on veut vivre avec lui, en toute justice et en toute justesse, il nous surprend par son originalité et sa créativité. Permettons-lui de nous donner le nom qu’il nous a réservé de toute éternité… le nom qui porte notre vocation et la mission qui nous sera confiée…

 

Texte IV : Lc1,63-65

Il demanda une tablette et écrivit ces mots : “Son nom est Jean” ; et tous furent étonnés. A l’instant sa bouche et sa langue furent libérées et il parlait, bénissant Dieu. Alors la crainte s’empara de tous ceux qui habitaient alentour ; et dans le haut pays de Judée tout entier on parlait de tous ces événements.

…Mais même le père s’y est mis à cette fantaisie de casser avec la tradition en voulant changer le nom de l’enfant. Et ce ne sont plus des mots transmis oralement, c’est de l’écrit et “ce qui est écrit est écrit.” L’écrit demeure… et cette nouveauté de nom demeurera également: “Il demanda une tablette et écrivit…” Lui aussi veut l’appeler Jean… Qu’arrive-t-il donc chez les Zacharie ? A l’instant, le miracle se produit aux yeux de tous. Zacharie parle, non pour dire n’importe quoi, mais pour bénir… Tous ces mois passés, enfermé en lui-même, lui ont permis de méditer ce mystère, de le comprendre. Et la bénédiction qui s’est agglomérée dans les tréfonds de son âme jaillit de sa bouche comme l’eau claire d’une source…

D’un étonnement à un autre, les judéens ne comprennent plus rien… Y a–t-il quelque chose à comprendre ? Dieu se comprend-il jamais ? Dieu s’accueille et se reçoit dans la simplicité d’un enfant… autrement, il  désarçonne… Mieux vaut se laisser gagner par le grand mystère de sa présence, l’adorer… et le bénir dans son cœur et devant tous.

Seigneur, qu’il est grand ton nom de tendresse… Qu’il est immense le mystère dont tu nous enveloppes. Il y a de quoi vivre dans une continuelle adoration… Apprends-nous à entrer dans ta sainte crainte. Amen.

 

Texte V :  Lc1,66

Tous ceux qui les apprirent les gravèrent dans leur cœur ; ils se disaient: “Que sera donc cet enfant ?” Et vraiment, la main du Seigneur était avec lui.

Voilà ce qui est à faire… Il s’agit de rentrer dans la nouvelle logique de Dieu. Progressivement, de Zacharie à Elisabeth, au parents et voisins, aux habitants de la Judée, tous rentrent dans les secrets de ce mystère qui commence à poindre sous l’aspect d’un enfant. Tous, comme Marie, gravent ces événements dans leur cœur… Peut-on faire autrement… ? Tous soupçonnent les traces de Dieu sans vraiment comprendre… “Que sera donc cet enfant ?” Que sera la suite de tous ses événements… ? Quel sera l’avenir de ce  nouveau-né  ? Ou bien quel avenir nous réserve la venue et la proximité de cet enfant ? Bien sûr ce mystère qui se déploie nous concerne aussi… Il reste à attendre dans un acte de profonde adoration et d’abandon… Bénissons avec tous ces gens-là et attendons la suite de la révélation, à l’écoute du cœur de Dieu.

 

Autre station avec Zacharie : le Benedictus ! Lc1,67-79

 

Orientation :

Les hymnes sont de bons compagnons de route. Ils sont à chanter, à répéter et à méditer tout le long de notre pèlerinage. Le benedictus en est un. Cet hymne dans la bouche de Zacharie est l’équivalent du Magnificat dans la bouche de Marie. L’un et l’autre sont  remplis de réminiscences de l’Ancien Testament, centrés sur la promesse faite à Abraham et sur l’Alliance… Ces deux hymnes sont des compositions proposées par Luc au croyant, afin qu’il nourrisse sa méditation du mystère de Dieu qui se manifeste aux hommes. Cet hymne nous est adressé à nous croyants d’ici et d’aujourd’hui… Puisse-t-il nous parler par la force de l’Esprit qui habite chacun de ses mots.

 

Texte I : Lc1,67-69

Dans ces textes, nous assistons à une profusion d’Esprit Saint. Il remplit tout et tous. On dirait un grand vent qui vient gonfler les voiles repliées de tous ces gens-là. Nous revoici avec Zacharie dont la langue vient de se délier justement sous l’effet de l’Esprit de Dieu. Sa langue se délie pour mieux bénir, plus encore, pour prophétiser.

Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint et il prophétisa en ces termes : “Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple, accompli sa libération, et nous a suscité une force de salut dans la famille de David, son serviteur...”

Zacharie, le prêtre,  est investi d’une nouvelle force, celle de Dieu. Mû par l’Esprit Saint, il prophétise et bénit. Car prophétiser c’est décrypter  le vrai sens caché derrière les événements. Et quand on en découvre le sens caché, on ne peut que se mettre à bénir : “Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël.”

Zacharie voit Dieu à l’œuvre du salut, à travers cette naissance. Il y voit Dieu visiter son peuple qui n’en peut plus d’attendre le Messie… Le peuple est en quête de cette joie depuis des siècles, depuis Abraham, passant par David, jusqu’à la naissance de cet enfant survenu sur le tard.

Dieu visite son peuple. C’est un thème majeur  dans les Écritures. Dieu ponctue ses visites chaque fois, d’une mélodie nouvelle qui vient rappeler au peuple toute l’histoire devenue sainte grâce aux interventions du Seigneur, à son Alliance indéfectible :

“En ce jour, je ferai croître la puissance de la maison d’Israël” Ez29,21

Le Seigneur ne cesse de nous visiter de mille façons. Puisse son Esprit Saint nous donner des yeux pour le voir et des oreilles pour l’entendre venir.

 

Texte II : Lc1,70-71

“…C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois : un salut qui nous libère de nos ennemis et des mains de tous ceux qui nous haïssent...”

Il est venu le temps des réalisations. Il est grand temps que les promesses de Dieu s’accomplissent. L’attente du peuple  va enfin prendre fin. Les prophètes avaient donc raison !…  Quand Dieu visite la terre c’est pour la libérer de ce qui l’asservit, du joug du Mal, grand ennemi de l’homme… Dieu vient, l’homme sera sauvé !…

“Tu accorderas à Jacob ta fidélité et ton amitié à Abraham. C’est ce que tu as juré à nos pères, depuis les jours d’autrefois.” Mi7,20

Vivement ce jour de salut définitif. Vivement ce jour de vraie libération personnelle et communautaire. Ouvrons donc toutes grandes les portes à notre Dieu qui vient visiter notre terre.

 

Texte III : Lc1,72-75

“…Il a montré sa bonté envers nos pères et s’est rappelé son alliance sainte, le serment qu’il a fait à Abraham notre père : il nous accorderait, après nous avoir arrachés aux mains des ennemis, de lui rendre san crainte notre culte dans la pitié et la justice sous son regard, tout au long de nos jours…”

Par cet hymne prophétique, Zacharie récapitule toute l’histoire du peuple  passée comme à venir. En recevant l’Esprit Saint, il reçoit le don de son intelligence. C’est pourquoi, il peut relire l’histoire de l’Alliance sainte et de la promesse de vie, promesse d’une terre et d’une descendance marquées par la bénédiction et l’abondance.

“Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n’est plus.” Ap.21,1

Cette mer est le lieu des ennemis de l’homme et de son salut. Voici qu’avec les temps nouveaux, la vraie terre promise est devant nous et pas derrière. Notre Dieu est fidèle… ainsi nous l’avons connu depuis Abraham et jusqu’à nos jours.

“Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.” Ex2,24

 Sa fidélité est d’âge en âge. C’est sous son regard d’amour et de tendresse que l’humanité entière croît  et mûrit jusqu’à la pleine stature du Fils de Dieu, ce Fils qu’on commence à sentir, chez les Zacharie, par la venue de l’enfant Jean.

Tenons-nous prêts pour la venue du Royaume, car notre Dieu est proche et sa venue met la joie à son comble par sa bonté.

 

Texte IV : Lc1,76-77

“…Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut, car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes, pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon des péchés…”

Zacharie prophétise au sujet d’un autre prophète. Un enfant, le sien, deviendra  prophète à son tour, le plus grands des prophètes devant le Seigneur. Il marchera devant Celui qui vient, sous le regard du Seigneur. “Voici, j’envoie mon messager. Il aplanira le chemin devant  moi.” Ml3,1

Il sera un juste comme ses parents, grâce à l’Esprit Saint dont il fut rempli encore dans le sein de sa mère. Il balisera la route devant le Seigneur et préparera le cœur du peuple. Il le poussera à la conversion, car c’est la condition nécessaire pour reconnaître et accueillir Dieu. “Que sera donc cet enfant ?”, ont demandé les gens autour de Zacharie et d’Elisabeth. En voici la réponse : elle est dans la prédiction de son père. Le contraste est énorme entre la petitesse de l’enfant et la grandeur de ce qu’il fera un jour… C’est ainsi que travaille le Seigneur. Il choisit avec soin ses élus et prend le temps de les préparer, souvent loin des regards indiscrets… Cet enfant aura le temps de grandir au milieu du désert. Et l’épisode de la circoncision va rentrer vite dans l’ombre, pour permettre au jeune enfant de croître à son rythme afin de mieux se préparer à la mission qui l’attend, celle de précéder “l’Astre levant venu d’en haut.”

“Quant à l’enfant, il grandissait et son esprit se fortifiait ; et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Isarël” Lc1,80

Avec le jeune Jean Baptiste et tous les prophètes de tous les temps, mettons-nous au temps de Dieu pour mieux disposer nos cœurs à l’accueil de son Fils, l’Astre d’en haut..

“Dans le désert dégagez un chemin pour le Seigneur.” Is40,3

 

Texte V : Lc1,78-79

“…C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l’astre levant venu d’en haut. Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas sur la route de la paix”

Cet hymne donc ne vise pas directement le petit Jean, mais davantage Celui qu’il précèdera sur les routes des hommes. Il ne s’agit donc pas de s’attarder indéfiniment sur cet enfant, mais plutôt sur le mystère qui le dépasse et dont il sera le serviteur. Car la bonté du Seigneur n’atteindra sa vraie plénitude qu’avec un autre enfant, qui, lui, ne sera pas reçu avec faste par les hommes… mais demeurera caché jsuqu’au jour où il pourra être reconnu grâce à Jean Baptiste.

Il faudra attendre qu’il grandisse et se fortifie, qu’il débute sa mission et sa prédication pour que ses yeux de prophète réussissent à voir, en l’homme Jésus,le Fils de Dieu, l’Agneau de Dieu, Celui dont il ne sera pas digne de lui délier les lacets des sandales… C’est alors que les hommes pourront commencer à percevoir l’Astre levant d’en haut grâce à Jean Baptiste  … afin que l’humanité sorte de ses ténèbres.

“Pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera.”      Ml3,20

Quel mystère que tout cela !… Seigneur, donne-nous ton Esprit Saint, qu’il nous guide sur les chemins du mystère de ta présence parmi nous. Amen.

 

Sœur Marie Antoinette Saadé
Responsable du Juniorat - SFM

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